Voyage vers l’Ouest – partie 2

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30 octobre 2010

Voyage vers l’Ouest – partie 2

La suite de mon récit de voyage…

 

Le voyage continue. Il y a ceux qui mangent ce qu’ils ont acheté au péage, d’autres qui dorment et ceux qui causent. L’ambiance n’est plus tout à fait la même. Les passagers sortent peu à peu de leur torpeur et des conversations naissent. Moi, par contre, j’effectue mon activité favorite quand je voyage : j’observe, je regarde, je contemple et j’ouvre grand les oreilles, les narines pour profiter au maximum de tout ce que peut m’offrir ce trajet. Je n’ai pas l’habitude de dormir pendant les voyages. Et quand il m’arrive de somnoler, ça ne dure généralement pas plus de cinq ou dix minutes. J’aime admirer le paysage qui défile à travers les glaces, les gens ou les véhicules qu’on croise.

Nous finissons par arriver à Mbanga, la première grande cité que nous aurons à enjamber, après avoir traversé les plantations de palmiers de la l’ex-SOCAPALM, d’hévéas de HEVECAM et après cette ville, nous aurons à transpercer ce qui est sans doute l’une des plus grandes bananeraies de tout le pays, à laquelle est jumelée une petite plantation de papayers. Les passagères de la banquette devant la notre invectivent un jeune homme qui est assis à l’une de ses extrémités, car il ignore l’une d’elles qui se plaint de la gêne qu’elle éprouve du fait de la vitre qu’il laisse ouverte. Chacun y va de son commentaire et moi j’interviens juste en précisant que les codes de bienséance et celui de la route imposent que si, dans un habitacle, un seul passager souhaite que les vitres soient closes, eh bien, elles doivent l’être! Les humeurs différentes n’auront qu’à ronger leur frein. Finalement, il s’exécute. C’est un véritable camouflet pour lui et c’est bien fait. Il m’énervait déjà avec les efforts ardus qu’il mettait à tout critiquer, à émettre son opinion sur tous les sujets (des opinions quelquefois superbement farfelues) et à chanter à tue tête tout ce que DJ chauffeur avait sur ses bandes magnétiques (du Longué Longué principalement. Il en avait tous les albums). Le jeune homme, on ne l’a plus entendu jusqu’à la fin du trajet. Mais par contre, Longué Longué lui, a soulevé débats et controverses avec ses textes. Puis, ça été au tour du chauffeur d’être mis sur la sellette, car « n’avait-t-il que du Longué Longué à proposer ? » Mais ces protestations étaient éteintes lorsqu’une autre chanson débutait et que les mélomanes, soit se mettaient à la fredonner, soit se remettaient à polémiquer, « car ce type, il parle des choses du pays ». Mais tout le monde devint unanime lorsqu’un inconscient mit nos vies en danger. En effet, notre chauffeur est tout d’abord ralenti dans sa cadence par un camion. Et lorsqu’il engage le dépassement, le conducteur de cet engin ne ralentit pas. Il se permet même au contraire d’augmenter la pression de son pied sur l’accélérateur. Alors que notre car était déjà complètement sur la voie du sens inverse, et qu’à quelques centaines de mètres, on apercevait des phares qui s’approchaient. Du coup, notre héros de chauffeur passe au rapport supérieur et on laisse derrière nous ce malotru. L’assemblée le traite de tous les noms d’oiseaux et émettent des propos disgracieux sur les mœurs sexuelles de la mère de ce camionneur fou. Mais un passager, deux minutes plus tard éprouve l’envie presque machiavélique de se mettre à l’aise. Tout le monde le maudit et est consterné de voir le camion repasser devant. Il va falloir reprendre la manœuvre périlleuse. Heureusement, on ne le reverra plus.

Sur ces entrefaites, nous arrivons au deuxième péage. A Nlohé. Et du coup, je me rappelle qu’il y a l’une des tantes de ma mère qui habite le coin. Bof, je ne la verrai pas. Une autre fois peut-être. A quelques encablures de là, nous parvenons à Nkongsamba, ex-troisième ville du pays qui est dans un état de décrépitude désolant. De l’axe lourd, on aperçoit la ville adossée à une colline. A l’entrée et à la sortie, nous soumettons au légendaire caractère pointilleux du « contrôle de Nkongsamba ». Chacun de ces contrôles s’achève par un « bon voyage » lancé par l’agent. Un îlot de politesse dans un océan de bougrerie!

L’escapade continue. Il ne reste que quelques minutes et nous serons sortis à la fois du département et de la région. La fin des 182 premiers kilomètres est proche…

A suivre…

Par René Jackson.

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Commentaires

lep
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C est qui Longue Longue?