Un CHAN providentiel

La deuxième édition du CHAN (Championnat d’Afrique des Nations) se déroule au Soudan depuis le 07 février dernier et la finale se jouera le 25 prochain. Cette compétition est une véritable aubaine et une initiative extrêmement salutaire car elle est une sorte de CAN (Coupe d’Afrique des Nations) mais à laquelle participent uniquement les joueurs de football évoluant sur le continent. Ce qui peut représenter d’une part un bon tremplin pour ces joueurs, le plus souvent amateurs; et d’autre part un meilleur moyen de visiblité pour les championnats nationaux africains.

Une compétition bénéfique pour les joueurs

Ces dernières années, un débat est soulevé en Afrique de façon presque systématique à chaque grande compétition africaine ou internationale de football (CAN, Coupe du Monde ou Jeux Olympiques). Ce débat, au Cameroun précisément, tourne très souvent au pugilat verbal entre les tenants de l’un ou de l’autre camp. La question qui se pose est la suivante: est ce que les joueurs évoluant dans les championnats nationaux méritent leur place dans l’équipe fanion qui ira représenter le pays dans ces compétitions? Pour certains, la réponse est: non. Tout simplement, parce que le niveau des joueurs locaux est vraiment bas. Ils ne méritent tout simplement pas de figurer dans l’équipe A. Pour d’autres, il faut les inclure dans l’équipe. Leur présence en son sein fera quelque part la promotion du championnat local et de plus, « n’ont-ils pas deux jambes et un cerveau comme les autres qui jouent ailleurs dans le monde? » La mise sur pied d’une compétition comme le CHAN est une opportunité pour les pays comme le Nigéria, le Ghana, la Côte d’Ivoire ou le Cameroun qui possèdent les plus gros contigents de joueurs expatriés dans les plus grands championnats du monde. Dans ces contrées, les joueurs qui n’ont eu d’autre opportunité que celle de se débrouiller au pays sont très souvent frustrés car ils ne sont presque jamais sélectionnés en équipe nationale A. Ou lorsqu’ils le sont, ils cirent les bancs de touche pendant toute la compétition.

Ce CHAN est donc une occasion pour eux de porter les couleurs de leur pays et de se montrer. En effet, les chances se démultiplient pour eux, car pour être sélectionnés, il ne subiront pas la concurrence presque déloyale que ne se donnent souvent même pas la peine de faire les professionnels venus d’Europe. Et puis, cette compétition aidera peut-être à réparer une certaine injustice. La CAF avait soulevé un scandale quand elle a attribué le Ballon d’Or Africain 2008 à Emmanuel Adebayor, qui avait eu une année bien moins aboutie que celle de Mohamed Abou Terika, qui était double champion d’Afrique en titre et le meilleur joueur des championnats inter clubs africains. Beaucoup avaient taxé l’instance faîtière du foot africain d’être victime d’un complexe d’infériorité face à ce qui pouvait provenir d’Europe.

Mais on peut redouter un certain effet pervers que pourrait traîner derrière elle cette compétition: les joueurs locaux seront mis plus en avant de la scène, ce qui n’aura d’autre effet que de les exposer à la rapacité des recruteurs étrangers qui ne s’empêcheront pas d’emporter les meilleurs.

Une aubaine pour les championnats de clubs locaux

Les championnats nationaux africains disposent dorénavant d’un véritable outil d’étalonnage pour vraiment se jauger. Il est vrai que la League des Champions Africaine et la Coupe de la Confédération permettaient de mettre en concurrence les championnats africains, mais cela était dilué par le fait que des joueurs de niveaux différents pouvaient faire partie du même club et disputer ces rencontres. Avec le CHAN, il s’agit de la crème de la crème. Dans chaque équipe, les 23 meilleurs joueurs de chaque championnat sont regroupés en une seule et même formation.

D’autre part, le CHAN pourrait faire que nos championnats croissent en qualité. En effet, constituant une motivation supplémentaire pour les joueurs, ceux-ci seraient poussés à faire évoluer leur jeu. Ce qui rendrait les matchs de championnat plus attractifs et les tribunes de nos stades très souvent dégarnis pourraient à nouveau être remplis par les spectateurs.

De toutes les façons, la CAF semble avoir très bien compris les enjeux, car de 8 équipes participantes à la première édition en 2009 en Côte d’Ivoire, on est passé à 16 dès la deuxième édition.

 

Par René Jackson

Source image: rfi.fr

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René Jackson
Diplômé de faculté de droit et d'école de commerce, je me passionne pour la communication, le management et l'écriture. Un peu geek sur les bords, j'aborde la vie avec une certaine poésie. Bonne lecture.
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2 thoughts on “Un CHAN providentiel

  1. Bah, le Chan, la Can, la Coupe du monde, la league des champions… Moi j’kiffe pas trop. Comment veux-tu, mon cher Jackson, que j’aime le foot quand vous les Kamer-là vous passez tout votre temps à battre mon p’tit pauvre Togo, hein? Et puis le foot, ça devient de plus en plus louche parce qu’il y a trop de pognon qui circule dans ce domaine, et le spectacle n’est plus garanti. On joue maintenant au foot pas pour le plaisir de jouer, mais pour se faire pacha. Quelle merde! De toute façon, régalez-vous bien avec le Chan, vous les mordus du ballon rond. Moi, même en rêve, je le suis pas.
    Amitiés!

  2. Mon cher David, C’est pas de notre faute si le Togo se retrouve toujours sur le chemin du Cameroun. Et comme il faut qu’on vous batte… Tu as raison sur un point: l’argent a pourri le foot. Mais bon, on essaie de faire abstraction de cela quand on regarde nos matchs.

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