Quand la pauvreté a du bon

Depuis près d’une semaine, tous les médias font écho du cataclysme qui a lieu au Japon. Cet archipel, reconnu pour sa prospérité (étant jusque là le troisième pays le plus puissant du globe) est devenu l’objet de toutes les inquiétudes depuis qu’il a été frappé par une tremblement de terre d’une amplitude exceptionnelle (plus de 8 sur l’échelle de référence de Richter), suivi d’un tsunami qui a rasé le peu d’habitations situées sur la côte nord-est du pays qui avaient résisté au séisme. Par après, les diverses centrales nucléaires de la région ont présenté des signes de dysfonctionnement. Notamment celle de Fukushima qui a connu de graves avaries dûes au séisme qui en a fragilisé les structures et au raz-de-marée qui l’a inondé. Une bonne partie du territoire japonais est maintenant soumise au risque de fuites radioactives, nocives tant pour l’homme que pour l’environnement.

Ce qui sûr, c’est que en quelques jours, j’en ai plus appris sur le nucléaire qu’en trois ans de physique au collège. J’ai surtout appris comment quelques barres d’uranium et de plutonium (je crois…) sont susceptibles d’occasionner une catastrophe qui ferait des dégâts dont plusieurs générations porteront les séquelles. Et je n’ai pu m’empêcher de ressentir une pointe de tristesse pour ce pays qui n’est pas épargné par les catastrophes et qui, si ses centrales devaient faire des bisbilles, aurait des liens compliqués avec le nucléaire (pensons à Hiroshima et à Nagazaki en 1945).

Depuis vendredi, on assiste alors à une agitation frénétique, non pas seulement au Japon où on cherche coûte que coûte à éviter une aggravation de la situation, mais aussi en dehors. En Occident surtout. Les évènements poussent les dirigeants des pays comme les Etats-Unis et la France, respectivement première et deuxième puissances atomiques) mais aussi l’Allemagne, et la Russie, à revoir la sécurité de leurs installations nucléaires. Personne ne remet en cause l’utilisation du nucléaire en tant que source d’énergie. Elle fait même partie de ce qu’on appelle les « énergies propres ». Mais l’énergie nucléaire reste celle dont la production est l’une des plus dangereuses pour la biomasse. La préoccupation principale est celui de rendre ce type d’installations sûr au maximum du possible.

Dans nos lointaines contrées d’Afrique équatoriale, il y a bien sûr l’émoi que provoque la vue des images de tant de destructions, de tant de morts, de tant de sinistrés. Mais nous ne sommes pas concernés par ces histoires de risque nucléaire. Pour une fois un malheur épargne l’Afrique. Le Cameroun est un pays producteur et exportateur d’électricité. Les installations qui produisent cette énergie sont les barrages hydroélectriques de Song-Loulou, de Lagdo et d’Edéa. Il existe une centrale à fuel qui a été installée en banlieue de Douala il y a quelques années comme unité d’appoint. L’énergie nucléaire, si on y a pensé à un moment donné, était et reste au dessus de nos moyens. Et heureusement! Pour certains de mes compatriotes débattant de ces évènements, il est préférable de subir les multiples délestages dont nous sommes victimes assez régulièrement que d’être obligés d’évacuer manu-militari les domiciles, villes et régions à cause d’un réacteur nucléaire qui fait des siennes. Certains esprits retors et adeptes de la théorie du complot ont, lors de cette discussion, soutenu mordicus que dans ces pays, les populations sont constamment irradiées, mais que personne n’en dit rien. Et de se féliciter pour une fois, de ce que notre pays est suffisamment pauvre ou nos gouvernants assez incompétents pour ne pas acquérir cette technologie meurtrière. Ils en profitent pour se gausser de la situation de la France, où en métropole, chaque habitant se trouve à moins de 300 kilomètres d’une centrale nucléaire. Alors que celle la plus proche du Cameroun se trouve en Afrique du Sud, c’est-à-dire à plus de 5000 kilomètres.

Ce raisonnement connaît malheureusement des limites. Beaucoup des produits que nous consommons en Afrique proviennent de ces pays. Notamment les produits alimentaires manufacturés. Nous pouvons donc nous aussi être contaminés. Il existe en outre une autre menace qui nous concerne quasi-directement: celle du déversement des déchets radioactifs en mer qui est souvent effectué plus près des côtes africaines qu’on ne peut l’imaginer. L’Afrique est un dépotoir et les produits les plus nocifs n’échappent pas au nombre. On se souvient tous de l’affaire des déchets déversés à Abidjan en 2006 par le Probo-Koala.

Mais, il n’en demeure pas moins que nous devons tous avoir une pensée profonde pour le peuple japonais qui vit des moments très difficiles.

Par René Jackson

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René Jackson Nkowa
Diplômé de faculté de droit et d'école de commerce, je me passionne pour la communication, le management et l'écriture. Un peu geek sur les bords, j'aborde la vie avec une certaine poésie. Bonne lecture.
René Jackson Nkowa

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