Mondoblog à Yaoundé, face A

Photo de famille, à l'exception de Salma Amadore, qui est derrière la caméra


Ce que nous attendions tous depuis des mois allait avoir lieu pour une dizaine de blogueurs présents sur Mondoblog. La semaine de formation accordée à Yaoundé au titre de stage d’imprégnation  aux techniques journalistiques et d’approfondissement des connaissances acquises pour bloguer débutait le 18 avril, après la semaine organisée à Dakar quelques temps plus tôt. Si une chose doit être dite sur ce séjour d’une dizaine de mondoblogueurs dans la ville capitale du Cameroun, c’est qu’elle est loin d’avoir été ennuyeuse, pour des raisons pratiques mais aussi hétéroclites (je réserve ces dernières à un prochain billet).

 

Dimanche, 17 avril. Il est 15 heures 30 quand j’arrive au Prestige Hôtel, sis en plein centre de la ville de Yaoundé. Je suis là, après trois heures et demi d’un voyage en autobus qui m’a fait venir depuis la ville Douala, distante de près de 250 kilomètres. Je suis un peu perdu quand j’arrive à l’hôtel, car l’accueil n’est pas très bien indiqué. Je finis par me retrouver. Je sors mon téléphone et j’appelle Ziad Maalouf qui me dit qu’il n’est pas très loin. Entre temps, le concierge de l’hôtel a deviné qui je suis et me dirige vers ma chambre. Au passage, on croise Ziad qui vient du restaurant avec d’autres blogueurs (Jean Paul Lwesso, Johnny Vianney Bissakonou, Charles Le Bon Vodounon). Les mains se serrent  et les habituels « as-tu fait un bon voyage » de rigueur me sont adressés et je réponds machinalement par un « oui » bref. Je suis conduit à la chambre 404 et quelques minutes après , le Citoyen Blogueur, me rejoint. On fera chambre commune durant les sept prochains jours. D’emblée, on se lance dans une conversation échevelée qui n’est finalement interrompue que par le fait que je devais prendre un déjeuner (quoique tardif) qu’il m’a gracieusement offert. Mon teint blafard a dû suffisamment le renseigner sur l’état de jeun dans lequel je me trouvais depuis le matin.

Deux heures plus tard, on descend dans la cour de l’hôtel où je fais la connaissance de Cédric Kalonji, de David Kpelly et de Manon Heugel. Tout le monde se demande où se trouve Florian Ngimbis, le Kongosseur en chef de Mondoblog, qui est sensé être déjà arrivé. Moi j’ai la réponse: il est encore chez lui à Edéa, à deux heures de route de Yaoundé. Mais là, il faut qu’on sorte, il faut qu’on aille toucher à l’ambiance de Yaoundé du doigt. Première escale, un bar du côté de l’Institut Samba. Chacun y prend une bière puis on se rend dans un snack qui portait bien son nom: Le Boucan. On a essayé tant bien que mal d’avoir une  conversation dans ce lieu en tentant de faire fi de la musique assourdissante qui y était diffusée. On y a pris un repas succulent, solide, mais les blogueurs ont par la suite déchanté rapidement: il fallait que chacun paie sa part. Qui était de 4 000 francs CFA par tête! J’ai eu le vertige. D’autant plus que Ousmane, à part, me dit que les autres avaient déjà été assommés la veille après un repas pris en ville où chacun a dû payer de sa propre poche. Une question lancinante torturait les méninges: n’était-il pas prévu que ce soit l’organisation qui s’occupât de la bouffe? Moi personnellement, s’il fallait continuer à ce rythme, je serais cuit avant la fin de la journée de lundi. Du coup, je me suis demandé s’il ne fallait pas envisager une semaine de privations alimentaires en la camouflant sous les vocables de « jeûne pascal »? Et puis, je me demandais dans quelle aventure je m’étais embarqué. J’en étais à ces interrogations lorsque nous fîmes notre retour à l’hôtel et que Ziad me soulagea en me filant quelques dizaines d’euros accompagné du fameux smartphone Samsung Galaxy. Du coup, je m’endormis cette nuit-là le coeur beaucoup plus léger.

Lundi 18 avril, 9 heures du matin: le petit déjeuner avalé, on prend la direction du campus de l’Université de Yaoundé 1, en se dirigeant plus précisément vers les locaux de l’ESSTIC (Ecole Superieure des Sciences et Techniques de L’Information et de la Communication). Après qu’on ait rejoint la salle d’informatique de cet établissement, chacun prend place devant un ordinateur. Notre encadreur pendant la semaine (en dehors bien sûr de Ziad et de Cédric) est le Docteur Emmanuel Mbede, enseignant à l’ESSTIC, journaliste et faisant partie de l’équipe fondatrice du quotidien Mutations publié et diffusé au Cameroun. Il s’emploiera à nous inculquer les préceptes journalistiques qui pourraient nous permettre de tenir de façon encore plus professionnelle nos blogs. La journée est aussi celle où les deux derniers blogueurs se joignent à nous: Salma Amadore et Florian Ngimbis. Le Docteur Mbede nous donne un premier travail pratique qui consiste à former des duos, de discuter avec son vis-à-vis et faire des portraits croisés. Les blogueurs sont en nombre impair et après constitution des groupes, je me retrouve seul. Je suis obligé de choisir l’un de nos encadreurs et mon choix est porté sur  Ziad Maalouf, lequel a par après dessiné un portrait absolument sympathique de ma personne. A 17 heures, retour à l’hôtel, discussions intenses à la terrasse, dîner, sortie pour les garçons (sauf Ziad, qui a préféré rester à l’hôtel).

Mardi 19 avril: nous arrivons avec un retard de quelques dizaines de minutes à l’ESSTIC, à cause de la pluie battante qui s’est déversée sur la ville ce matin-là. Nous nous entretenons encore avec le Docteur Mbede qui, après  un débat sur le travail à nous confié la veille, nous  donne un deuxième travail pratique, qui consiste à faire le tour du campus universitaire et d’en décrire à notre guise les lieux, les personnages ou l’environnement qui y prévaut. Ce travail pratique me donne l’occasion de découvrir le campus de l’Université de Yaoundé 1 Ngoa-Ekellé, qui m’a paru si immense qu’il m’a inspiré un billet. Après cette visite, on se retrouve tous au réfectoire de l’ESSTIC où on prend notre déjeuner et par la suite chacun planche sur la rédaction du texte qu’il faudra remettre à l’enseignant. A seize heures, on a terminé.  17 heures: retour à l’hôtel, un autre sujet âprement disputé sous la tente dans la cour, un repas mérité. Vers 20 heures, Cédric revient d’une balade. Personne ne l’a vu de la journée. Il nous explique qu’il n’a pu venir avec nous à l’ESSTIC à cause d’un souci digestif. On va encore sortir. Cette fois, Manon tient à nous accompagner dans notre virée nocturne, car elle veut voir de ses propres yeux les turpitudes que nous lui avons décrites à propos de la nuit précédente. Une fois de plus, Ziad se débine, mais cette fois, il n’est pas seul. Jean Paul lui tient compagnie.

Mercredi, 20 avril: Comme d’habitude, départ de l’hôtel à 9 heures. Nous nous entretenons encore pendant quelques heures avec le Docteur Mbede, au sujet des techniques journalistiques, puis nous recevons une visite d’importance: celle du Directeur de l’ESSTIC, Monsieur Laurent Charles Boyomo Assala, qui passe nous dire un bonjour et nous souhaiter un bon séjour dans les locaux de l’établissement qu’il dirige.  Après le déjeuner à 13 heures, Ziad et Cédric nous révèlent quelques astuces et nous aident à apporter quelques réglages bénéfiques aux blogs. Mais à 16 heures, on doit décamper au plus vite, car on voit poindre un gros orage  à l’horizon. Un orage qui finalement ne tombera pas. Une fausse alerte, en somme. Aujourd’hui, à l’hôtel,  chacun est quelque peu de son côté. On sort, mais on rentre très vite, contrairement aux autres nuits.

Jeudi 21 avril: Le rituel est presque le même, sauf que c’est la dernière fois qu’on se rend à l’ESSTIC, car le lendemain est un jour chômé; c’est le vendredi de pâques. Notre encadreur nous donne notre troisième et dernier travail pratique: effectuer une interview portrait d’une personne rencontrée ici où là, le référent principal étant son activité professionnelle. Moi, j’ai vite choisi ma cible: le responsable du restaurant de l’ESSTIC où nous prenons nos repas en mi-journée depuis le début de la semaine. Une personne assez sympathique et fort avenante qui avait déjà attiré mon attention. J’ai eu une longue et enrichissante discussion avec lui et il en est ressorti une personnalité affirmée et taillée par les vicissitudes de la vie, qui en outre est dotée d’un foi inébranlable. Je publierai d’ailleurs son portrait ici sous peu. Les autres blogueurs se sont dispersés un peu partout dans la ville à la recherche de sujets à interviewer. Il est entendu que l’on doit se retrouver tous au Centre Culturel Français de Yaoundé à 16 heures pour saisir et envoyer notre travail à notre encadreur. Mais avant cela, juste au moment de quitter pour la dernière fois la salle d’informatique de l’ESSTIC, les gifs de chacun des 9 blogueurs présents à Yaoundé sont enregistrés pas Ziad. A 16 heures, nous arrivons au CCF, nous discutons un peu, saisissons nos exposés et les envoyons par e-mail à M. Mbede. A 19 heures, nous quittons les lieux et nous nous dirigeons à pieds vers l’hôtel situé à près d’un kilomètre. Ce soir encore, on sort. Et cette fois, Ziad se décide enfin d’être de la partie. Nous nous rendons à un lieu tant vanté par certaines personnes mais vraiment nul. Après un mini esclandre orchestré par Florian, nous nous déportons (sous requête expresse du Citoyen Blogueur) vers notre lieu de villégiature désormais habituel (qui n’est pas loin d’être le plus glauque de la capitale). Ziad et Cédric ne nous accompagnent pas. Nous sommes rentrés bien vite à l’hôtel, mais je n’ai retrouvé le lit qu’à 4 heures du matin pour des raisons indépendantes de ma volonté.

Vendredi 22 avril: A cause du férié, l’ESSTIC est fermé. Notre encadreur a donc anticipé et il est entendu qu’il se déplacera pour l’hôtel ce matin. Il arrive à 9 heures 30 et on fat un debriefing au sujet du dernier travail pratique et à propos de la semaine dans sa globalité. A 11 heures, on procède à l’enregistrement de l’émission dans le restaurant de l’établissement hôtelier. Ceci dure une bonne quarantaine de minutes. Nous adressons nos remerciements au Docteur Mbede, puis c’est l’heure des premiers adieux. On va se rendre chez Salma pour voir son bébé et pendant ce temps, certains  devront partir pour l’aéroport afin prendre leur avion. On va se séparer de Johnny Vianney et de Jean-Paul, qui rentrent respectivement en République Centrafricaine et au Burundi dans l’après-midi même. Nous (Cédric, Ziad, David, Florian, Charles Le Bon, Le  Citoyen Blogueur, Manon, Salma et moi) arrivons chez Salma vers treize heures. Le plat de Ndolè tant réclamé depuis le début de la semaine par Cédric nous y attend de pied ferme. Il est exquis! Nous faisons la connaissance du petit Karim, de son sympathique papa et nous y passons un excellent moment.

Quand nous quittons cette demeure, le groupe se scinde en deux: Cédric et Manon rallient directement l’hôtel quand les autres garçons font un tour au marché Mokolo de Yaoundé, puis font une escale au centre ville où ils procèdent à l’achat de souvenirs. Salma nous rejoint plus tard dans la soirée avec son compagnon qui nous invite dans un lieu très convivial… Le plus chic et surtout le plus soft que nous ayons fréquenté pendant notre séjour dans la capitale du Cameroun. C’est un cabaret qui s’appelle le Mistral Plus. L’ambiance y est excellente, au point où on improvise un play back, où les mondoblogueurs montent sur le podium pour faire semblant de pousser la chansonnette.

Vers une heure du matin, on doit retourner à l’hôtel, car deux autres doivent prendre l’avion dans la nuit. Nous disons au revoir à Salma. Une fois à l’hôtel, Manon et Le Citoyen Blogueur préparent leur sac. Florian, Charles Le Bon, David et moi nous nous proposons de les accompagner jusqu’à l’aéroport à bord de la navette de l’hôtel. Les effusions sont chaleureuses et nous leur disons au revoir avec un  léger pincement au coeur. Le trajet du retour s’effectue dans un silence juste perturbé par la pluie qui s’est soudainement abattue sur la ville. Moi, je réintègre cette chambre dans laquelle je passerai une dernière nuit. Cette fois, je suis seul. Et un peu triste. Le dernier blogueur que je vois c’est David, quand il vient me remettre mon téléphone aux alentours de 6 heures du matin. Il s’en va au Mali, où il réside. Il prendra le même avion que Charles Le Bon, qui lui s’arrêtera à Lomé, au Togo.

A neuf heures, je me réveille. Je prends une douche, puis range mes affaires. Un dernier coup d’oeil passé dans la chambre, je sors et referme la porte de la 404 à clef. Je la remets au concierge, ensuite je croise Ziad avec qui je discute pendant une dizaine de minutes. Cédric et lui partent ce samedi soir. Puis il me quitte et rejoint sa chambre. A 10 heures 30, je quitte le Prestige Hôtel.

 

De façon globale, cette semaine s’est bien passée. Il n’ y a pas eu à proprement parler de désagréments, surtout sanitaire. Il faut relever l’amabilité du personnel de l’ESSTIC et de l’Hôtel Prestige qui ont été presque aux petits soins avec nous. Une mention spéciale est à adresser au Docteur Mbede qui s’est montré disponible et à notre écoute pendant cinq jours, à Ziad Maalouf et à Cédric Kalonji qui sont venus depuis Paris pour  nous encadrer; à RFI , à l’OIF et à la Fondation Varenne. Ce qu’il faut déplorer, c’est la qualité de la connexion avec laquelle nous étions obligés de travailler à l’ESSTIC. Elle était si peu performante que les aspects techniques ont été purement et simplement éludés. Mais abstraction faite de cela, cette rencontre de Yaoundé fut une expérience humaine extrêmement enrichissante. Nous en sommes tous partis changés et sans conteste aucun, cette expérience fera briller notre convivialité autant sur nos blogs que lors de futurs échanges entre mondoblogueurs.

 

Par René Jackson

Images de René Jackson

 

 

Un pan du campus universitaire de Yaoundé 1

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René Jackson
Diplômé de faculté de droit et d'école de commerce, je me passionne pour la communication, le management et l'écriture. Un peu geek sur les bords, j'aborde la vie avec une certaine poésie. Bonne lecture.
René Jackson

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4 thoughts on “Mondoblog à Yaoundé, face A

  1. Quel travail, mon petit Jackson! Tu a relaté tous les petits détails de notre rencontre. J’ai un pincement au coeur en te lisant. Tu sais, je me demande finalement si je dois continuer à faire des voyages aussi brefs parce que c’est très déchirant, les séparations. Surtout avec ce ton triste par lequel tu fais chuter ton billet… C’est triste, très triste. Mais c’est un réel plaisir de vous avoir rencontrés. Je ne vous oublierai jamais, surtout Florian, toi et Salma (son mari aussi), nos hôtes. Merci, notre panda national.
    Amitiés

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