Les petites et grandes affaires du téléphone mobile à Douala.

La téléphonie mobile a fait naître et alimente dans son sillage un marché d’une extraordinaire diversité. Autour du téléphone mobile gravitent nombre d’activités. Et la grande majorité des personnes exerçant dans ce domaine tirent leur épingle du jeu.

Les trois opérateurs du mobile au Cameroun

Et bien évidemment, ce sont les multinationales qui opèrent dans le secteur qui font les plus grosses affaires. Les deux principaux opérateurs (MTN et Orange) affichent des chiffres d’affaires en perpétuelle augmentation. La concurrence entre ces deux compagnies est rude, ce qui se manifeste par le fait qu’elles se talonnent au niveau de l’effectif de la clientèle. Mais depuis peu, un troisième larron est entré dans la danse: il s’agit de la Camtel (la société à capitaux publics qui gère l’ensemble des télécommunications au Cameroun) avec son réseau de mobiles CTPhone. Mais l’importance de ce dernier est très limitée, car le réseau n’est disponible que dans les grands centres urbains et dans quelques autres villes et est apparu dans un marché déjà bien occupé par les deux autres opérateurs.

Les « centres d’appel ».

Romuald, comme bon nombre d’autres camerounais, tire sa pitance de l’activité de call-boxeur. Son officine est établie dans une rue du quartier Bonadibong à Douala. « Les autres gèrent des call-box, mais chez moi, c’est un centre d’appel », dit-il. En réalité, son comptoir ne diffère pas de celui des milliers de call-box qui pullulent dans tous les coins de la république. Le mobilier, simpliste, est constitué d’une table, de deux tabourets et d’un parasol. Des appareils téléphoniques sont disposés les uns près des autres, prêts à servir. Pendant notre conversation, il me fait comprendre que l’investissement de départ n’est pas énorme.

Un call-box

Lui, il a investi un capital de 100 000 F CFA (un peu plus de 150 euros) et dit s’en sortir tant bien que mal, sinon, il ne serait pas dans le métier depuis plus de trois ans.

« Le call-box est  une activité difficile et vouée à disparition »

Mais il évoque la pénibilité de son travail: « Parfois, les agents de la Communauté [Urbaine de Douala, sic] viennent nous demander de payer des taxes dont on est même pas sûr de l’existence sur le plan légal. Généralement, on se débarrasse d’eux avec des 500 ou 1000 francs. D’autres fois, ce sont les intempéries qui nous embêtent, car toi-même tu sais qu’à Douala un soleil caniculaire peut succéder à un orage dans la même journée. Je ne te parle même pas des poussières et des odeurs de carburant qu’on est obligés d’avaler chaque jour… Le call-box est une activité difficile qui en plus est vouée à disparition ». Je cherche à savoir pourquoi. « Eh ben, mon vieux, les opérateurs ont clairement avoué leur intention de tuer le call-box. Ils disent qu’ils veulent ouvrir des boutiques agréées de distribution de crédit de communication. Des structures solides, quoi. Car, disent-ils, il veulent lutter contre l’anarchie des call-box et avoir une mesure claire de la consistance du réseau. Et je crois qu’ils mettent leur menace à exécution, avec la « politique des chinois », c’est-à-dire qu’ils nous vendent à nous les grossistes la minute d’appel au prix auquel ils la facturent aux particuliers. Ce qui nous oblige à nous replier sur le transfert de crédit et la vente des cartes qui restent encore avantageux, mais pour combien de temps encore? Là est la question »

Les téléphones proviennent en majorité de Dubaï et de Chine.

Armel, lui, est réparateur et vendeur de téléphones portables dans sa boutique située à deux pas du Campus 1 du l’Université de Douala. Il est tellement affairé que je préfère l’interview à la causerie.

« Excuse-moi de te poser cette question à brûle-pourpoint, mais quel est ton chiffre d’affaire?

– Euh… (il se met à rire aux éclats).

L’arrivée massive des téléphones chinois n’a-t-elle pas fait souffrir ton département réparation de portables? Les gens ne préfèrent-ils pas acheter ces téléphones neufs à vil prix que de dépanner leurs vieux appareils?

Des coques de téléphones sur le présentoir

– On aurait pu le craindre, bien évidemment. Mais certaines personnes ont une sainte horreur de ces téléphones chinois et préfèrent recycler leurs anciens téléphones. Et puis je dépanne aussi des téléphones d’origine chinoise ici.

Et la vente des téléphones?

– Je vends en moyenne 10 appareils par jour. Les fêtes de fin d’année approchent et la demande va sûrement augmenter. J’espère passer le cap des trente par jour pendant la période.

Comment te fournis-tu en téléphones et en accessoires?

– Les téléphones proviennent de Dubaï où moi-même je me rends une fois chaque trimestre. Certains autres de Chine. J’ai là-bas un ancien camarade de classe qui me fournit de façon assez régulière. Les accessoires me viennent exclusivement de Chine ».

A coté de ces circuits officiels de vente de téléphones et accessoires, il y a des vendeurs sous le manteau qu’on appelle ici les « attaquants », qui vous interpellent dans la rue pour vous vendre des téléphones à la provenance très souvent douteuse. La particularité de ces attaquants d’un autre genre est que ces derniers vendent exclusivement des téléphones très haut de gamme. (Blackberry, iPhone et autres smartphones).

Par René Jackson

A suivre: « Parfois, ici au Cameroun, le téléphone a plus d’inconvénients que d’avantages »

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René Jackson Nkowa
Diplômé de faculté de droit et d'école de commerce, je me passionne pour la communication, le management et l'écriture. Un peu geek sur les bords, j'aborde la vie avec une certaine poésie. Bonne lecture.
René Jackson Nkowa

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3 thoughts on “Les petites et grandes affaires du téléphone mobile à Douala.

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