Je t’aime, Maman

Chère mère,

 

Je ne sais pas ce qui me prends aujourd’hui de te rédiger cette missive. Mais cette année, je me suis souvenu à temps de la fête des mères. J’ai donc pris sur moi de t’adresser ce petit mot, afin que tu comprennes a quel point tu es importante pour moi.


La première chose que je tiens à ce que tu saches est que je ne suis pas fier de moi en tant que fils. Tu me fais des reproches et je suis bien obligé de reconnaître que tu as presque toujours raison. Trop souvent, je ne me comporte pas bien, je fais des choses qui peuvent te heurter, je m’engage même dans des situations que tu as bien pris la peine de me déconseiller de faire. Tu sais me parler, me prodiguer des conseils mais je persiste dans mes travers, dans mes erreurs. Je sais que je t’ai trop souvent fait mal. Que je t’ai fait pleurer de dépit, de colère. Je sais que j’ai fait trop peu de choses qui auraient pu te rendre fière de moi. Tu t’inquiètes pour moi, pour mon avenir. Tu t’inquiètes de l’homme que je pourrai devenir, du père que je serai pour tes enfants, du mari que je serai pour ta fille, du collaborateur que je serai pour mes collègues, de l’ami que je serai pour mes amis. Je n’assure pas à cent pour cent en tant que fils et tu t’inquiètes. Je sais que je suis ton plus grand souci.

 

Chère Mère, j’aimerais que tu cesses de t’inquiéter. Malgré tout ce que tu sembles croire, je suis quelqu’un en qui tu peux avoir confiance. Tes conseils, je m’efforce de les suivre chaque instant de ma vie. Je le sais et j’en suis persuadé que je réussirai dans mon avenir, car j’ai la volonté et la foi. Je sais et je suis persuadé que je réussirai dans ma vie, car tu es derrière moi. Je sais et je suis persuadé que je te rendrai fière car tu es le modèle que j’ai décidé de suivre. Je veux que tu saches que je sais quand je te fais du tort, que je suis conscient quand je te fais du mal. Je n’en suis pas fier et mon âme est torturée a chaque fois.


Je remercie le Très-haut chaque jour de la grâce qu’il m’a offerte de t’avoir toujours eue. Tant d’enfants sont orphelins et ce dès leur naissance. Tant d’autres sont abandonnés par leur mère. J’ai eu la grâce que tu m’aies désiré et donné tout l’amour dont tu étais capable. Tu es la personne la plus importante de ma vie et je n’imagine pas un jour te perdre. Tu t’es battue pour moi depuis le jour de ma naissance, tu as veillé à ce que je ne manque de rien. Tu es allée chercher à des lieux insoupçonnés ce qui ferait mon bonheur et pour cela je te remercie du fond de mon coeur.

 

Mais je suis un homme. Ma fierté et mon orgueil ont du mal à me laisser tranquille quelques fois. Je suis appelé à prendre des décisions, capitales pour moi, mais qui pour certaines, je le sais, pourraient provoquer ta désapprobation. J’en suis par avance désolé mais je sais aussi que malgré tout, tu ne m’abandonneras jamais. Je sais en outre que ce sera difficile, voire impossible de te rendre tout l’amour que tu m’as donné. La seule promesse que je puis te faire est que je vais couvrir mes enfants avec au moins autant d’amour que celui duquel tu m’as entouré. Je souhaite que tu vives longtemps et que l’Eternel te remplisse de bienfaits.


A quel point suis-je sot? Prêt à envoyer des lettres enflammées à la première jeune demoiselle croisée au coin de la rue alors qu’il ne m’est jamais venue l’idée de t’en écrire une, toi qui est pourtant la première femme de ma vie!

Tu es la plus gentille, la plus douce, la plus tendre des mamans et je veux te dire que je t’aime.

 

Par René Jackson


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René Jackson Nkowa
Diplômé de faculté de droit et d'école de commerce, je me passionne pour la communication, le management et l'écriture. Un peu geek sur les bords, j'aborde la vie avec une certaine poésie. Bonne lecture.
René Jackson Nkowa

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6 thoughts on “Je t’aime, Maman

  1. Bonsoir frère, je ne pouvais pas en aucun cas passer sans lire cet article et te dire merci!
    En n’essayant de me mettre à ta place quand tu rédigeais cet article, je suis aussi persuadé que les mots te manquaient pour réellement dire ce que tu avais à dire à nos mamans, tant elles sont importantes, tant elles sont grandes, plus grandes et large qu’une mer!

    Merci

  2. Très joli. La mère quand on est une fille c’est un autre enjeu: le miroir et le rejet… Elle ne s’arrêtera jamais de s’inquièter et tu ne seras jamais assez bien aux yeux que tu crois qu’elle porte mais tout est dans le titre…

  3. Je sais que les relations entre filles et mère sont très souvent tendue. J’en fais l’expérience avec ma soeur cadette et ma mère. Mais bon…

    Boukary, tu as amplement raison. Je voulais faire un texte court mais qui dise tout. Ce que je n’ai pas réussi à faire. Il y a tellement de choses à dire. Ca ne peut pas tenir sur un billet de blog.

  4. Bah, mon vieux, les lettres d’amour aux filles de coin de rue, ça prend plus trop; faut draguer, draguailler, dragardiser en face-à-face. Les lettres d’amour, réserve-les à maman, c’est elle qui les mérite, parce que c’est la première femme qu’il faut aimer, et qu’il faut plus aimer. Rends-la super fière de toi. Elle le mérite. Toutes les mamans le méritent.
    Amitiés

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